Sirènes et feux bleu
Feu bleu + sirène = stress
20/06/2007 | Source
Les règles ne sont pas aussi claires qu’on l’imagine. Surtout pour les conducteurs de véhicules de police, de pompiers et d’ambulances confrontés à des situations de plus en plus délicates.
Des feux qui impliquent le respect de certaines règles.


Feu bleu et sirène glacent généralement le sang de tout usager de la route normalement constitué. Le stress qu’il ressent dans son empressement à dégager la voie n’est rien, cependant, en regard de celui du conducteur de véhicule d’urgence. Les droits et les devoirs de chacun en pareille circonstance sont en effet loin d’être aussi clairs qu’on l’imagine. Et ce sont les policiers, les pompiers et les ambulanciers qui sont encore les plus sous pression.
Les exemples
Région lausannoise, début juin 2007.
Un accrochage implique une voiture de police, gyrophare et sirène enclenchés, et une auto conduite par une dame à un carrefour. Dans le communiqué de presse annonçant l’accident qui a fait un blessé – la conductrice –, la gendarmerie vaudoise déclare sans détour: «Un véhicule de police a provoqué un accident.»
Genève, janvier 2005.
Un cadre de la sécurité civile, feux et sirène en action, perd la maîtrise de son véhicule, percute trois personnes, en tue deux, dont une enfant de quatre ans; il a été condamné à 15 mois avec sursis pour homicide involontaire.
Chaque automobiliste a appris comment se comporter lorsque surgit un véhicule d’urgence. Moyennant un maximum de prudence, tous les moyens sont bons pour céder le passage. On n’a jamais amendé un conducteur qui avait grillé un feu rouge pour dégager la route à l’ambulance derrière lui. Ni celui qui a roulé sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute pour dégager un couloir central.
Moins connu: la loi sur la circulation routière (LCR) interdit de suivre un véhicule d’urgence à moins de 100 mètres. Pas question donc de pouvoir profiter de son «aspiration» pour gagner du temps.
Région lausannoise, début juin 2007.
Un accrochage implique une voiture de police, gyrophare et sirène enclenchés, et une auto conduite par une dame à un carrefour. Dans le communiqué de presse annonçant l’accident qui a fait un blessé – la conductrice –, la gendarmerie vaudoise déclare sans détour: «Un véhicule de police a provoqué un accident.»
Genève, janvier 2005.
Un cadre de la sécurité civile, feux et sirène en action, perd la maîtrise de son véhicule, percute trois personnes, en tue deux, dont une enfant de quatre ans; il a été condamné à 15 mois avec sursis pour homicide involontaire.
Chaque automobiliste a appris comment se comporter lorsque surgit un véhicule d’urgence. Moyennant un maximum de prudence, tous les moyens sont bons pour céder le passage. On n’a jamais amendé un conducteur qui avait grillé un feu rouge pour dégager la route à l’ambulance derrière lui. Ni celui qui a roulé sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute pour dégager un couloir central.
Moins connu: la loi sur la circulation routière (LCR) interdit de suivre un véhicule d’urgence à moins de 100 mètres. Pas question donc de pouvoir profiter de son «aspiration» pour gagner du temps.
Impunité surveillée
D’ici à déduire que les conducteurs des véhicules d’urgence disposent d’une totale impunité, il y a un pas à éviter.
Premier point: policiers, pompiers et ambulanciers savent tous que feu et sirène ne valent que lorsqu’ils sont utilisés ensemble. Jamais l’un sans l’autre, donc. Une motion du conseiller national neuchâtelois Didier Berberat avait demandé l’été dernier au Conseil fédéral d’assouplir cette disposition dans le sens de l’utilisation du seul feu bleu de nuit tout en revendiquant la priorité, pour des raisons évidentes de tranquillité urbaine. Ce fut un non à double détente.
Le gouvernement rappela d’abord que ses instructions de juin 2005 permettaient de se limiter à l’usage du feu bleu la nuit, «à condition de ne pas déroger de manière notoire aux règles de la circulation ni de revendiquer une priorité spéciale». Autrement dit: pas de priorité. Pour étayer son refus, le Conseil fédéral s’appuya sur les réglementations européennes stipulant que feu bleu et sirène doivent fonctionner ensemble pour revendiquer la priorité.
Par ailleurs, la LCR, au chapitre des conditions de la répression, souligne que le conducteur d’un véhicule d’urgence en mission officielle ne sera pas puni en cas de transgression du code de la route s’il a fait preuve de «la prudence que lui imposaient les circonstances». Et cela dans le respect d’une juste proportionnalité, ainsi que le rappelait en 2003 un arrêt du Tribunal fédéral donnant raison au conducteur d’une voiture de pompier impliquée dans une collision à Lausanne.
Feu bleu et sirène enclenchés comme il se doit, encore faut-il être repéré par les autres usagers de la route. Dans un carrefour, le feu bleu n’est souvent visible qu’au dernier moment. Quant au klaxon à deux tons, il peine de plus en plus à passer au travers de l’insonorisation des véhicules modernes roulant toutes glaces remontées pour cause de climatisation. Avec en plus une sono de bord à fond, pas besoin de faire un dessin. A relever toutefois qu’en cas de pépin, cela ne constituera jamais une excuse valable devant un tribunal.
Quelle parade ?
Quelle parade face à ces voitures de plus en plus dures d’oreille ?
L’utilisation toujours plus répandue de sirènes à deux tons commutables sur des couples de notes de hauteur différente permet d’élargir la bande de fréquences sonores perceptibles par les usagers. La loi interdit cependant l’usage d’avertisseurs modulés à l’américaine, dont le son s’insinuerait à travers les habitacles les mieux isolés et les plus bruyants. abe
Quelle parade face à ces voitures de plus en plus dures d’oreille ?
L’utilisation toujours plus répandue de sirènes à deux tons commutables sur des couples de notes de hauteur différente permet d’élargir la bande de fréquences sonores perceptibles par les usagers. La loi interdit cependant l’usage d’avertisseurs modulés à l’américaine, dont le son s’insinuerait à travers les habitacles les mieux isolés et les plus bruyants. abe
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02 Avril 2009 à 00:08 dans
- Loi

